Le tourisme durable

Published: February 25, 2020

par Vivienne Tam Dialogue sciences et politiques

Saviez-vous que maintenant pour voir la Joconde il faut traverser une mer d’iPhone? Quand j’y ai été cela m’a profondément déçue. Je pensais que ce serait un moment culturel riche, mais au lieu de cela, ma vue de cette femme aux yeux perçants était obstruée même si je me tenais sur la pointe des pieds. Une guide avec un drapeau orange et un microphone indiquait aux touristes que leur tour était fini et que la prochaine vague de personnes pouvait prendre leur place devant le fameux portrait. C’était enfin ma chance de contempler l’oeuvre d’art; j’avais attendu si longtemps.

Après coup, je ne crois pas que j’ai amplement apprécié le moment, parce que moi aussi, arrivée devant la Joconde, j’ai sorti mon iPhone pour en prendre quelques photos. Dire qu’à ce moment, c’était plutôt moi le cliché: j’étais officiellement touriste.

Mon expérience au Louvre n’est qu’un des nombreux exemples de la façon dont la beauté des destinations touristiques populaires souffre sous le poids du tourisme de masse. Depuis les années 1950, le nombre de voyages internationaux annuels a grimpé de 25 millions à 3 milliards possibles en 2017, bien que les sites touristiques les plus populaires n’ont pas augmentés.

Ainsi, les destinations touristiques comme Venise, Amsterdam et l’Islande sont surpeuplées, changeant ironiquement le paysage que les touristes étaient venu voir. Les habitants de ces villes protestent à leur tour contre ce changement indésirable avec des écriteaux «Tourists, Go Home!».

Pour ceux qui aiment voyager, comment pouvons-nous explorer de manière durable afin de préserver et respecter le patrimoine naturel et culturel des lieux que nous visitons?

1. Comprendre pourquoi on voyage

Ce n’est pas parce que tout le monde fait la queue pour voir la Joconde que vous devez le faire aussi. Le tourisme durable commence par vous demander ce que vous voulez retirer du voyage et de planifier le voyage en conséquence. Aimez-vous l’aventure ou préférez-vous passer un moment détendu plongé dans la nature?

Au lieu de faire un voyage organisé en groupe vous pouvez cibler quelques sites que vous aimeriez visiter. Vos vacances peuvent aussi prendre d’autres formes: agrotourisme, écotourisme et bénévolat. Travailler sur une ferme ou participer à un projet de conservation peut aussi être une option. Avoir un pourquoi peut vous permettre de voyager à votre rythme au lieu d’essayer de visiter le plus de sites possibles en une journée.

2. Comment s’y rendre: prioriser les trains ou les vols avec crédit carbone

Les vols représentent 2,5% de la production mondiale de carbone. L’une des meilleures façons de réduire votre empreinte carbone en voyage serait de limiter le nombre de vols que vous prenez. Vous pouvez visiter un endroit plus proche de chez vous ou prendre un train.

Une autre option est pour compenser l’empreinte carbone des vols que vous prenez, en payant des frais supplémentaires. Vous pouvez aussi essayer d’éviter les vols trop courts et les vols avec escales, car la plus grande quantité d’émission carbone est produite pendant le décollage et l’atterrissage.

3. Sites touristiques: visiter des zones plus calmes ou pendant la basse saison

Maintenant que vous êtes à la destination de vos rêves, comment planifier votre itinéraire? Essayez de visiter ce qui n’a pas encore été découvert.

En suivant des blogs tels que The Invisible Tourist et Atlas Obscura vous pouvez apprendre l’existence de sites surprenants et spéciaux. Tours by locals et Greeter Network peut vous jumeler avec une personne locale qui pourra vous faire visiter tous les recoins de la ville.

Si vous souhaitez visiter un site célèbre, vous pouvez essayer d’y aller pendant les heures creuses. Même s’il fait un peu plus froid ou si vous devez vous réveiller plus tôt, la paix dont vous profitez en retour en, à mon avis, en vaut la peine.

4. Minimiser les déchets: éviter les plastiques à usage unique

Bien que nous essayons tant bien que mal d’éviter le plastique, ce dernier trouve toujours une façon de se glisser dans notre quotidien; que ce soit par les minuscules bouteilles de shampoing dans les chambres d’hôtel ou les petits contenants de beurre d’arachide et de confiture au déjeuner. Nous pouvons éviter ces contenants de plastique à usage unique en apportant nos propres articles de toilette ou pots de condiments réutilisables ou, du moins, en prenant ceux offerts par les hôtels ou les restaurants et les utiliser pour le reste du séjour.

Voici une façon, selon MamaEco, de créer un ensemble de voyage écolo.

5. Achat de produits: prioriser les boutiques locales

L’avantage du tourisme est qu’il soutient l’économie locale — si nous apprenons à rechercher les bonnes industries à soutenir. Que ce soit par le biais de marchés artisanaux ou de coopératives de commerce équitable, l’achat dans les magasins locaux garantit que l’argent va directement entre les mains de la personne qui l’a fait.

L’un des achats les plus mémorables que j’ai fait était dans un marché artisanal en plein air à Ljubljana, en Slovénie. Je me suis gâtée avec une jolie paire de boucles d’oreilles en bois de cèdre. Le vendeur m’a décrit comment il les avait fabriquées à partir du bois. Au moment où il me les a remis, je me souviens qu’il avait dit: «J’espère que vous aurez autant de joie à les porter que j’ai eu à les faire». Même aujourd’hui quand je porte ces boucles d’oreilles, je repense à cet artisan slovène et à comment cela a été les 20 euros que j’ai le mieux dépensés pendant tout mon séjour.

6. Se faire des amis: apprendre la langue locale et parler aux locaux

Lorsque je réfléchis à pourquoi je voyage, c’est en grande partie pour être plongé dans la culture locale. Au lieu de consommer, je préfère apprendre. En prenant des photos des sites les plus populaires pour ensuite les mettre sur les réseaux sociaux, ce n’est pas ce à quoi nous aboutissons. Il est important de réellement s’engager avec les gens qui vivent dans le pays.

Avant d’aller en voyage, je m’efforce d’apprendre quelques bases de la langues parlée du pays que je visite sur Duolingo. La possibilité même de pouvoir avoir une conversation simple et décontractée dans la langue locale peut mener à une connexion authentique avec les habitants. Cela envoie le message que vous les appréciez eux et leur culture.

Une photo prise à Fès, Maroc avec un artisan local qui fabrique des sacs en cuir.

Voyager, en soi, n’est pas le problème selon moi : c’est plutôt comment nous voyageons. Voyager est une excellente façon de rencontrer et de tisser des liens avec des gens qui peuvent élargir notre perspective du monde. Lorsque vous planifiez vos prochaines vacances, pensez à utiliser ces 6 conseils pour créer une expérience de voyage plus durable!